SIREM Conseil

Transparence des rémunérations : l’Europe passe à la vitesse supérieure 

1. Pourquoi cette directive ? Un constat persistant d’inégalités 

Malgré des décennies d’efforts, les écarts de rémunération restent importants au sein de l’Union européenne. En 2020, l’écart salarial moyen entre hommes et femmes atteignait encore 13 %.  

En France, les écarts demeurent significatifs : 

14,2 % dans le privé à temps de travail équivalent, 

3,8 % pour un même emploi dans le même établissement.  

Ces inégalités s’expliquent par plusieurs facteurs : répartition genrée des métiers, ségrégation professionnelle, plafond de verre, impact de la parentalité et manque de transparence salariale.  

2. Ce que change concrètement la directive 2023/970 

La directive introduit un ensemble d’obligations inédites, qui transforment la relation entre les employeurs et les salariés. 
  

Voici les principales mesures : 

  • Transparence dès le recrutement 
  • Affichage obligatoire de la rémunération ou de la fourchette salariale dans les offres d’emploi. 
  • Interdiction de demander l’historique salarial d’un candidat.  
  • Information préalable obligatoire sur la rémunération initiale.  
  • Transparence interne dans l’entreprise 

Les employeurs devront : 

  • Communiquer les critères utilisés pour fixer et faire évoluer les rémunérations,  
  • Fournir aux salariés leur rémunération individuelle, et les rémunérations moyennes par sexe pour des postes équivalents.  
  •  Reporting et analyse des écarts 

Les entreprises de plus de 100 salariés devront publier régulièrement : des données sur l’écart de rémunération femmes-hommes et des mesures correctives si l’écart injustifié dépasse 5 %. 

  •  Renforcement des droits des salariés 

En cas de litige : 

la charge de la preuve est inversée : il revient à l’employeur de prouver l’absence de discrimination.  

Ce mécanisme de protection vise à rendre effectif le droit à l’égalité salariale et à permettre une action plus simple devant les juridictions. 

3. Une transformation profonde des pratiques RH 

Les directions des ressources humaines devront : 

  • revoir les systèmes de classification des emplois, 
  • rendre les grilles salariales explicites, 
  • documenter et justifier les évolutions de rémunération, 
  • adapter les processus de recrutement, 
  • anticiper les obligations publiées et l’éventuelle mise en place de plans d’action correctifs. 

En cas de non‑respect de ces obligations, l’entreprise s’expose non seulement à des sanctions financières, mais également à un risque réel pour sa réputation. 

Avec la directive (UE) 2023/970, l’Europe enclenche une transformation majeure : la transparence salariale devient un droit, et l’égalité de rémunération une obligation mesurable et contrôlée. 
Les entreprises doivent dès maintenant se préparer à ces nouvelles exigences, qui impacteront fortement leurs pratiques RH et leur culture organisationnelle. 

Sources:  

https://droit.cairn.info

https://www.economie.gouv.fr

Kandia Dramé

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